Vers une humanisation de l’entrepreneuriat?

Résumé
Dans le cadre de l’émission «Paroles d’experts» de la webtélé www.parcoursdentrepreneurs.com/, nous avons eu l’honneur de recevoir Rika Valmera-Michaud.

Très impliquée socialement, Très impliquée socialement, Rika Valméra-Michaud porte plusieurs casquettes avec brio. En effet, elle est d’abord agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse  au Carrefour jeunesse emploi Saint-Laurent. Sa mission consiste à développer une véritable culture entrepreneuriale chez les jeunes de moins de 35 ans. Ensuite elle siège, également, comme vice-présidente, au Forum jeunesse de l’île de Montréal (FJÎM) où elle a à sa charge les dossiers de la persévérance scolaire, le développement économique et l’économie sociale.

Elle est aussi membre du Comité exécutif de la Conférence régionale des élus de Montréal. Rika milite pour un entrepreneuriat plus humain. Celui qui conduira, sans doute, au développement d’une vraie société entrepreneuriale.

 

Pour y arriver, le nec plus ultra serait que certains professionnels de l’entrepreneuriat, des financiers ou des économistes changent de perception au sujet de l’entrepreneuriat. Car l’entrepreneuriat n’est pas seulement une simple pratique d’affaires. Bien au contraire, c’est surtout un outil performant qui permet à un individu de se réaliser et de vivre harmonieusement avec soi et avec les autres en communauté. C’est pourquoi  la vice-présidente du Forum jeunesse de l’île de Montréal avance l’idée d’une démystification de l’entrepreneuriat. Parmi la multitude de projets que Rika a  réalisés avec les jeunes en question, nous citerons par exemple  la  coopérative Édifice Cardinal au sein de l’École secondaire Saint Laurent,  implantée en 2009.  Finalement, Rika Valmera-Michaud  a invité les jeunes à persévérer  et à utiliser toutes les ressources mis à leur disposition.

Partie1: Parcours et mission de Rika Valmera-Michaud, agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat

Diplômée en informatique, en économie et en gestion des ressources humaines, Rika est une personne de grande pâture, pragmatique et avide de connaissances. En parlant de son cursus, elle déclare : je pense que cela m’a emmené le fait qu’on peut changer d’idée, on peut tester, on peut essayer certaines choses et si cela ne nous convient pas, on peut changer. Rien ne nous force à rester dans le même domaine.       

Cela lui a permis de développer des connaissances et des compétences diverses et variées qu’elle a su transférer dans des entreprises. Cela lui a valu de gravir aisément les différents échelons chez de son précédent employeur, d’après son témoignage : lorsque j’ai commencé à travailler, j’étais commis de plancher, donc  vendeuse. Par la suite, je suis montée au niveau de la gérance. Le dernier poste que j’ai occupé était au niveau de la gestion de service. Donc, cela m’a permis de voir l’entreprise de façon globale, mais aussi la diversité à même l’entreprise.
Aujourd’hui, Agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat, Rika s’emploie à développer une véritable culture entrepreneuriale chez les jeunes de moins de 35 ans. Notons que sa mission s’inscrit dans le cadre du Défi de l’entrepreneuriat jeunesse.
En lançant le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse en 2004, le gouvernement du Québec s’est doté d’une vision d’avenir : une stratégie entièrement consacrée au développement de la culture entrepreneuriale chez les jeunes. En faisant la promotion des valeurs telles que la créativité, la responsabilité, la solidarité, la persévérance, la confiance en soi et l’initiative, nous contribuons incontestablement à l’enrichissement de l’individu et de la collectivité (http://www.jeunes.gouv.qc.ca/strategie/defi-entrepreneuriat/).

La mission de Rika est noble. À ce sujet, la jeune femme se confie en ces termes. Mon travail est très intéressant. Il vise à sensibiliser les jeunes jusqu’à 35 ans, sur le territoire de Ville Saint-Laurent, à l’entrepreneuriat. Cela se fait au sein de la communauté et au niveau scolaire. Dans les écoles, on fait des projets, on monte des entreprises, on sensibilise les jeunes. Au niveau de la communauté, on travaille beaucoup avec les jeunes qui sont éloignés du marché du travail et des études. On travaille également avec des gens qui ont une haute scolarité, des gens qui sont intéressés par l’entrepreneuriat, et ceux qui désirent peut-être démarrer une entreprise. 

Finalement, poursuit-elle, nous leur offrons des services, nous leur expliquons ce qu’est le parcours entrepreneurial ici à Montréal. Nous leur présentons les différents  organismes, les différentes subventions auxquelles ils ont droit.             
Quant à l’origine des projets développés avec les jeunes, ainsi leur gestion, Rika atteste que ce sont les jeunes qui en sont la source.
Les projets viennent vraiment d’eux. Ce ne sont pas nos projets que j’ai envie de réaliser.

Parmi la multitude de projets que Rika a réalisés avec ces jeunes, nous citerons par exemple  la Coopérative Édifice Cardinal au sein de l’École secondaire Saint-Laurent,  implantée en 2009.
«Un des projets qui me tient à cœur – n’empêche que tous les projets me tiennent à cœur, ça, il faut que je le dise – c’est un projet qui me touche particulièrement, parce qu’il touche des jeunes qui vont décrocher ou qui ont déjà décroché, qui reviennent à l’école, qui ont aussi des difficultés d’apprentissage. C’est un projet que je fais dans une école scolaire en adaptation scolaire. C’est une coopérative qui permet aux jeunes de développer des aptitudes, des connaissances, parce que ces jeunes-là vont aller sur le marché du travail quand même assez rapidement. Ce sont des choses que les jeunes en question doivent apprendre assez rapidement. Donc, à l’âge de 15, 16, 17, 18 ans même, ils n’auront pas nécessairement la chance de développer au courant des études, parce que, pour le moment, ce n’est pas possible pour eux de poursuivre des études collégiales ou universitaires.
Projet noble s’il en est, comme le mentionne Jean-Jacques Salomon : si tous les citoyens sont égaux devant la loi, ils ne le sont pas devant le savoir – et devant d’autres biens qu’aucune société, si égalitaire soit-elle, ne partage jamais également (Jean-Jacques Salomon, 1992, page 259).
Et l’agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse de poursuivre: ce sont des jeunes qui ont besoin d’outils, puis de projets qui sont mis en place pour développer ces aptitudes-là. Ce projet fait en sorte que ces jeunes-là peuvent acquérir une première expérience de  travail, développer et réaliser des choses (ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas faire), découvrir leurs forces, leurs faiblesses. Puis, je pense que c’est essentiel, pour des jeunes qui vont aller sur le marché du travail rapidement, de développer ces aptitudes-là dès maintenant, dès qu’ils sont à l’école.
Ce projet a débuté dans une classe de 15 élèves. Son succès est tel que, aujourd’hui, ce sont tous les élèves de l’école secondaire Saint-Laurent qui en bénéficient affirme Rika Valmera-Michaud. Maintenant, n’importe quel jeune qui a besoin de développer des aptitudes scolaires, d’acquérir de l’expérience peut participer au projet. Ce résultat éloquent témoigne de la pertinence de ce type de projets, réalisés avec les jeunes pour les jeunes.
En effet, la particularité de cette coopérative se situe au niveau de son mode de gestion, car elle est entièrement gérée par les élèves, avec l’aide de Rika et celle d’un enseignant.  Tout part des jeunes et cela est très important pour que les jeunes puissent se sentir comme faisant partie du projet. C’est leur projet et non le mien, pas non plus celui de l’enseignant, mais bien celui des jeunes et cela est très important, quand on parle d’un projet entrepreneurial qui est fait avec les jeunes, déclare l’agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse. Autrement dit, Rika et l’enseignant jouent le rôle de catalyseur dans le projet.
En plus de développer des aptitudes chez les jeunes, cette collaboration que Rika Valmera-Michaud instaure avec ces jeunes a aussi pour conséquence de développer leur estime de soi qui sommeille en eux. On travaille l’estime de soi avec eux. On travaille aussi différentes aptitudes nécessaires à avoir sur le marché du travail. On travaille aussi avec eux leurs forces, et c’est cela qui fait en sorte que l’estime de soi augmente chez un jeune. Par conséquent, on peut faire beaucoup de choses (dont certaines considérées par ces jeunes comme impossibles à faire), affirme t-elle. En travaillant avec leurs forces – les forces de chacun – cela fait en sorte que le projet aussi devient plus intéressant. Cela fait en sorte que les jeunes vont se présenter à l’école pour travailler sur leur projet, ils sont fiers d’en parler, puis à mon avis, quand tu es fier de quelque chose, cela te motive beaucoup plus.

Pour visionner l’intégralité du reportage, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous:

Partie 2 à suivre.