Vers une humanisation de l’entrepreneuriat?

Partie 2 : approche entrepreneuriale de Rika Valmera-Michaud. 
La pratique de Rika Valmera-Michaud sur le terrain permet de mettre en lumière une autre approche de l’entrepreneuriat. Celle-ci vise non seulement à la création d’une entreprise au sens noble du terme, mais davantage à développer des caractéristiques et des aptitudes qui permettront aux jeunes participants de prendre en main leur destinée, comme le souligne le professeur Louis Jacques Fillon de HEC Montréal (qui est aussi le responsable de la Chaire de recherche Bombardier) : une autre particularité de l’entrepreneuriat est qu’il ne se porte pas seulement sur des savoirs, mais aussi sur des savoir-faire, sur des savoir-être, sur des savoirs-devenir et sur des savoir-vivre harmonieusement avec soi et avec les autres. Contrairement aux autres domaines académiques portant principalement sur les transmissions de savoir-faire, il est essentiel de comprendre qu’en entrepreneuriat, ce qui est primordial ce sont les savoir-être, c’est-à-dire la façon dont une personne se définit et dont elle définit sa relation avec le milieu (Fillon et Laferté, 2003, page 5).

Autrement dit, l’entrepreneuriat devient un véritable outil d’intervention. C’est d’ailleurs ce que démontre Rika Valmera-Michaud : c’est fascinant, car l’entrepreneuriat peut servir comme un outil d’intervention chez ces jeunes-là. On parle beaucoup d’entrepreneuriat au niveau de la création d’entreprises, c’est important certes, mais on a un manque Québec, c’est vraiment important. La seule chose avec les jeunes, on ne croit pas que chaque jeune va nécessairement démarrer une entreprise, mais chaque jeune va avoir la chance de se prendre en main : prendre en main sa carrière, prendre en main sa vie, c’est cela que l’on appelle l’entrepreneuriat.             

Cette approche de l’entrepreneuriat prônée par Rika Valmera-Michaud est vraiment fascinante, car elle permet aux jeunes participants non seulement de découvrir leurs potentiels, mais aussi d’autres avenues de leur vie encore inexploitées. Dans ce sens Rika atteste : je pense que certains jeunes découvrent un intérêt à travers un projet entrepreneurial. Ils se découvrent eux-mêmes. D’autres jeunes vont découvrir qu’ils sont bons dans une chose à laquelle ils n’avaient pas cru. Cela fait en sorte que les jeunes en question découvrent de nouveaux intérêts, ils ont une curiosité pour apprendre. Malgré le fait qu’ils ont des difficultés d’apprentissage, ils veulent apprendre, ils veulent connaitre de nouvelles choses, etc. Donc, je pense que l’entrepreneuriat est le meilleur outil.

Grâce à ce projet, et à l’intervention de Rika Valmera-Michaud et des enseignants, les jeunes participants réalisent concrètement que l’Homme est un être social, qui vit en communauté, comme le disait l’Ecclésiaste, Vea soli, c’est-à-dire malheur à l’homme seul. D’ailleurs, pour Rika Valmera-Michaud, les jeunes réalisent très rapidement que si l’on ne travaille pas en communauté, on ne va pas aller loin.

Partie 3 à suivre.