Durant la semaine du 20 octobre 2011, le journal 24 Heures rapportait un incident ayant eu lieu à la Commission scolaire Rivière-du-Nord. Un groupe d’étudiants a crée une page Facebook sur laquelle ils planifiaient de tuer des enseignants. Il semble que cette page ait suscité beaucoup d’intérêt, puisque 800 personnes s’y sont abonnées. Lorsque la police de Saint-Jérôme a eu vent de l’affaire, 25 élèves ont été suspendus. Puis ce nombre a augmenté pour atteindre 80.

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) parle de la cyberintimidation, en ces termes : c’est le fait de harceler une personne ou de tenir à son endroit des propos menaçants, haineux, injurieux ou dégradants, qu’ils soient illustrés ou écrits. Elle concerne également le fait d’harceler une personne. Les moyens employés sont nombreux : le courriel; les salons de clavardage (chat room); les groupes de discussion; les sites Web; les messageries instantanées. Malheureusement, les conséquences de l’intimidation pour les victimes sont variées, allant de la perte de l’estime de soi à la dépression et même, dans certains cas, au suicide. (http://www.spvm.qc.ca/fr/jeunesse/ado-Cyberintimidation.asp)

 Compte tenu de l’ampleur des préjudices subits par leurs victimes, les cyberintimidateurs  sont-ils réellement conscients des conséquences de leurs actes ?

En effet, selon Nancy Willard, du Responsible Netizen Institute, ce type de communications à distance affecte également le comportement éthique des jeunes en les empêchant d’être directement témoins des conséquences de leurs actes sur les autres, ce qui diminue aussi de beaucoup la compassion ou le remords. Les jeunes écrivent en ligne des choses qu’ils ne diraient jamais en personne parce qu’ils se sentent loin de leur victime et des résultats de leurs attaques. (Connaitre les dangers de la Cyberintimidation. http://www.media-awareness.ca)

Afin de leur faire prendre conscience de la portée de leur geste, les jeunes, accompagnés de leurs parents, ont assisté à un atelier sur la cyberintimidation avant leur retour en classe. Mais leur réaction face à ce drame est assez déconcertante. Pour certains jeunes il s’agissait seulement d’une blague pour faire peur aux enseignants (même si la page Facebook allait jusqu’à donner des détails concernant l’endroit, l’heure et le moment où les élèves mettraient leur plan à exécution). Pour d’autres il aurait simplement fallu fermer la page sans pour autant suspendre ces élèves. Selon le porte-parole de la police de Saint-Jérôme, Robin Pouliot, les parents ne sont pas toujours au courant de ce que leurs enfants font sur Internet ni des risques liés à Internet.

Existe-il des textes de lois qui condamnent la cyberintimidations? S’ils existent, sont-ils assez sévères pour dissuader les cyberintimidateurs?

D’après Réseau éducation-médias,  certaines formes de cyberintimidation tombent sous le coup de la loi. Le Code criminel du Canada considère que communiquer de façon répétée avec quelqu’un de manière à lui faire craindre pour sa sécurité ou celle de ses proches est un acte criminel. Il est également criminel de publier un libelle, qui insulte quelqu’un ou peut nuire à sa réputation en l’exposant à la haine, au mépris ou au ridicule. La cyberintimidation peut aussi violer la Loi canadienne sur les droits de la personne si elle répand haine et discrimination basées sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l’orientation sexuelle, le statut marital ou familial et les handicaps physiques ou mentaux. (Connaître les dangers de la Cyberintimidation)

Selon vous, la suspension des jeunes incriminés est-elle justifiée ? La réaction des élèves vous semble-t-elle normale? Comment Facebook peut-il devenir un moyen de cyberintimidation alors que sa vocation première est de permettre de garder le contact entre des personnes ? Et les parents (qui sont souvent dépassés par les nouvelles technologies) : quelle responsabilité ont-ils dans cette histoire ?  Quelles actions pourrait-on mener pour aider ces enseignants à surmonter le traumatisme qu’ils ont subi ? Tant de questions se posent. Vos réponses et commentaires sont attendus avec impatience !

Constantin Tombet-Moupegnou & Anna Sylla